La journée de clôture n'a pas affaibli l'ambition du congrès, elle l'a disciplinée. La gestion durable des forêts en Afrique ne pourra perdurer que si elle est fondée sur les droits, mesurable, susceptible d'investissements et détenue collectivement. Zámba ne s'est pas conclu comme un événement, mais comme un mandat.
Leadership autochtone : de la consultation à la codécision
La matinée a débuté par des interventions sur le terrain menées par Annah Agasha, Directrice Adjointe du FSC Afrique.
Dans son discours d'ouverture, Mme Agasha a souligné que les peuples autochtones ne sont pas des parties prenantes périphériques dans l'agenda forestier africain, mais qu'ils en sont les principaux gardiens.
La discussion a mis en évidence les investissements importants du FSC dans divers pays africains et a exploré comment ces efforts localisés peuvent être étendus afin de créer un impact cohésif à l'échelle continentale sur la gouvernance forestière et le développement économique.

À l'échelle mondiale, les peuples autochtones représentent environ 6,2 % de la population, mais préservent près de 80 % de la biodiversité mondiale. En Afrique, où 4 à 5 % de la population est classée comme autochtone, leur contribution écologique est fondamentale, mais souvent sous-estimée sur le plan structurel. Mme Agasha a noté que le renforcement du Consentement Libre, Informé et Préalable (CLIP) dans les principes et critères du FSC a rendu l'approche de gouvernance plus inclusive, allant au-delà de la simple consultation pour aboutir à des systèmes sensibles et fondés sur les droits.
Le panel suivant comprenait:
- Le Professeur James Ole Kiyiapi, Membre du Comité Consultatif du FSC Afrique
- Cindy Kobei, Leader de la Communauté Ogiek et Avocate spécialisée dans les droits de l'homme
- Moussele Disseke Guy, Représentant du Réseau des Peuples Autochtones d'Afrique Centrale (RAPALEAC)
Le panel a souligné que la gestion durable ne peut réussir sans un régime foncier sûr et une participation économique équitable. Le Professeur Kiyiapi a rappelé aux délégués que les forêts ne sont pas simplement des unités de production : « Ils considèrent la forêt comme une source de vie », a-t-il déclaré.
Cindy Kobei a exhorté les gouvernements africains à accélérer la reconnaissance officielle de groupes tels que les Ogiek et les Baka, tandis que Moussele Disseke Guy a mis en garde contre la réduction du CLIP (ou FPIC) à une simple formalité administrative. Le changement était clair : les peuples autochtones doivent passer du statut de simples consultés à celui de co-architectes de l'économie forestière africaine.
Développer la gestion durable des forêts en Afrique
Lieske Van Santen (Directrice du Réseau Mondial FSC) et Marc Jessel (Directeur Exécutif en Charge de la Mobilisation) ont participé à un panel de haut niveau axé sur le développement de la foresterie durable à travers le continent. Animée par Annah Agasha (Directrice Adjointe de FSC Afrique), la session a servi de plateforme pour dévoiler les contributions stratégiques du FSC à la foresterie responsable.

Le Centre de Données sur la Durabilité des Forêts FSC Africa Zámba Heritage : mesurer le changement
Shree Nath, Responsable du Programme Données et Innovations chez FSC International, a présenté le Centre de Données sur la Durabilité des Forêts FSC Africa Zámba Heritage, une plateforme fondamentale de suivi et d'évaluation conçue pour aligner la mesure de l'impact sur les ambitions de l'initiative.
Il ne s'agit pas d'un simple référentiel de données. M. Nath a présenté le centre comme un « produit minimum viable », une première étape dans une collaboration à long terme avec les gouvernements, les universités et le secteur privé afin de développer des cadres d'indicateurs pertinents pour les diverses régions écologiques d'Afrique.
Au cours du panel qui a suivi, Richard Fergusson (Coordinateur Régional FSC Afrique australe) et Harrison Kojwang (Conseiller Senior en Affaires et Mobilisation, FSC) ont discuté de la valeur scientifique de la plateforme. « On ne peut pas gérer ce qu'on ne peut pas mesurer », a déclaré M. Fergusson, soulignant que la superposition des structures de gouvernance avec les types de forêts et le statut de certification permet à la fois une planification prospective et une responsabilisation. M. Kojwang a renforcé l'impératif institutionnel : les données doivent être traduites en informations exploitables pour élaborer des politiques et mobiliser des capitaux.
Partenariats officialisés : du dialogue à l'alignement
Lors d'un moment décisif de la séance de clôture, le Dr Peter O. Alele, Directeur Régional du FSC Afrique, a annoncé des partenariats officiels qui font passer Zámba du concept à la mise en œuvre.
Des accords de coopération (MoU) ont été confirmés avec :
- Agence des Parcs Nationaux du Gabon : une initiative pilote de certification des parcs nationaux.
- Université Omar Bongo, Gabon : renforcement des capacités et collaboration universitaire.
- The Nature Conservancy (TNC) : développement d'un projet de gestion durable des forêts dans le Bassin du Congo.
- Libéria : communication officielle de son soutien et de son intention d'approuver le plan d'action pour l'Initiative Zámba Heritage après examen interne.

Il ne s'agissait pas de gestes symboliques, mais bien d'un alignement institutionnel entre les gouvernements, les universités et les acteurs internationaux de la conservation autour d'une gestion forestière fondée sur des normes.
La Déclaration de Nairobi : un engagement moral et politique
Le congrès s'est achevé par l'adoption de la Déclaration de Nairobi sur l'Initiative Zámba Heritage. Harrison Kojwang a indiqué que, bien que les signatures finales soient en attente d'un examen interne approfondi par les pays membres, la déclaration a été signée par trois pays sans objection formelle. Elle constitue un engagement moral et éthique fort de la part des participants à défendre la vision commune de l'initiative.
Réflexions finales : appropriation, solidarité et mise en œuvre
Dans son discours de clôture, la Dre Subhra Bhattacharjee, Directrice Générale du FSC International, s'est tournée vers l'avenir. « La question n'est pas de savoir ce que le FSC fera ensuite. La question est de savoir ce que nous ferons ensuite. » Elle a fait valoir que la solidarité n'est pas seulement une rhétorique inspirante, mais une nécessité stratégique.
À travers les interventions de l'Éthiopie, du Cameroun, du Kenya et d'autres pays, un thème récurrent est apparu : les forêts africaines sont essentielles à la résilience économique et à la continuité culturelle.
Un mandat, pas un moment
Le troisième jour n'a pas seulement clôturé le congrès, il a transformé l'élan en structure. Grâce à l'alignement des dirigeants politiques, une architecture normative claire a été mise en place, soutenue par des systèmes de données émergents et des partenariats officialisés. Ces piliers transforment l'Initiative Zámba Heritage en un vecteur de changement décisif et un puissant levier de croissance et de développement durable dans le secteur forestier africain.
Il ne reste plus qu'à passer à l'action. Le prochain chapitre s'écrira en hectares restaurés, en certificats délivrés, en intégrité carbone renforcée et en communautés autonomisées. L'histoire des forêts africaines ne s'écrit plus ailleurs, elle s'écrit ici.
Téléchargez les photos du troisième jour ici
Vidéos du troisième jour
Résumé du troisième jour du congrès.
Diffusion en direct du troisième jour.